Philosophy
Boire moins, mais boire mieux !
Dans la nuit du 5 au 6 mars, les députés ont procédé à un toilettage de la loi Evin et ont décidé de voter un amendement qui vise désormais à interdire la pratique de l’open-bar. Cette mesure s’affiche clairement comme une réponse tranchée à la consommation des spiritueux en France qui s’est au fil du temps nettement portée sur des questions de volume, au détriment bien souvent de la qualité des produits ingurgités. Dans ce contexte peu optimiste, nous pensons pourtant qu’il existe une manière de parler et de consommer de l’alcool, sans pour autant tomber dans l’excès et la stigmatisation de ce produit. Principe qui a d’ailleurs perduré dans bien d’autres pays producteurs de spiritueux premium. Car ne s’agit-il pas avant tout d’une question d’éducation et d’approche culturelle surtout dans un contexte géographique à la source de l’histoire, ô combien riche, des spiritueux et de la mixologie.
Il suffit d’observer l’histoire pour constater que guignolet, triple Sec et autre vermouth comptent bel et bien au rang des fiertés du terroir hexagonal et ont notamment largement contribué aux belles heures du cocktail outre-Atlantique. Malheureusement, le marketing et ses doctrines consuméristes sont passés par là et ont effacé tout un pan de ce patrimoine gustatif, privilégiant des alcools sans saveur, produits en masse et à consommer sans exigence de qualité. De là à admettre que l’on a rejoint les ravages de la mal-bouffe, il n’y a pas l’ombre d’un doute.
Il importe donc d’apprendre aux gens à consommer moins pour consommer mieux. En faisant un peu plus appel aux sens, au bon sens bien sûr mais aussi à celui qui régit le goût. Et ce pour instaurer de nouveaux critères d’appréciation, élaborés cela va sans dire par un minimum d’éducation. Écarter les jus et sodas, souvent associés à tort à l’univers du cocktail alors qu’ils sont générateurs d’un sucre qui efface toute subtilité et privilégier les saveurs et arômes contenus dans un alcool, voire ceux obtenus par une association. Mais surtout, envisager l’absorption de ces boissons comme un moment de plaisir et de dégustation et non pas comme un simple moyen d’épancher sa soif conjugué à un besoin de désinhibition.
Thierry Daniel
Côté Spiritueux
Organisateur du Whisky Live Paris depuis sa création en 2003, son expérience du marché sélectif en tant que responsable commercial et marketing de La Maison du Whisky et sa forte sensibilité produit lui ont permis d’acquérir une expertise du secteur des spiritueux.
Eric Fossard
Côté Cocktails
Une expérience de plus de 10 ans à Londres a permis à Eric de travailler avec les plus grands noms de la profession. En 2006, Il participe à la création de l’école internationale de Barman IBBS, ainsi qu’à la restauration du Musée des vins et spiritueux sur l’île de Bendor. Son expérience lui apporte une connaissance globale et internationale de la profession du Bar.





















